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Contre le mildiou, l'art de la pulvérisation

Ed:17/01/2010

 

 

La lutte contre le mildiou des tomates, des pommes de terre ou de la vigne demande une surveillance attentive. Intervenez à temps, de manière efficace et sans risque pour les plantes et le sol.

Le mildiou a commencé à frapper. Les premières contaminations ont eu lieu et risquent de se propager et de s'aggraver, à chaque fois que le temps redevient doux et humide avec des pluies prolongées ou rapprochées.

Le mildiou, ou plutôt les mildious, sont des champignons microscopiques parasites. Ils germent à la surface des tiges, des fruits et des feuilles, uniquement en présence d'eau (pluies, forte hygrométrie, arrosage sur les feuilles). Sitôt après, ils pénètrent dans les premières cellules des organes touchés et progressent à l'intérieur de la plante. Dès lors, aucun traitement ne peut les atteindre. Seul le retour du beau temps (chaud et sec) ou la suppression des parties atteintes arrêtent la contamination.

Le cuivre : le bon tuyau

Le cuivre de la bouillie bordelaise ou de l'hydroxyde de cuivre agit uniquement par contact en tuant les spores (graines) des champignons qui ne peuvent donc plus germer et pénétrer dans la plante. Ça marche, à condition d'agir à temps, c'est-à-dire avant les pluies. Tant que la météo reste favorable à la germination du mildiou, il faut renouveler le traitement régulièrement: dès qu'il est tombé plus de 20 mm de pluie ou aussitôt après un orage violent qui a lessivé le produit, ou toutes les deux semaines pour protéger les nouvelles feuilles.

Cuivre : toxique en excès

Mais, en excès, le cuivre peut devenir toxique. Pour les plantes elles-mêmes, mais surtout pour les micro-organismes du sol et les vers de terre qui meurent à petit feu. Car le cuivre s'accumule dans les sols et, à la longue, détruit leur fertilité. Solution : être rigoureux et limiter les doses au strict minimum. Il vaut mieux pulvériser souvent (voir plus haut) mais avec de faibles doses, que  peu souvent mais à haute dose. Divisez par deux les doses préconisées et, en compensation, ajoutez toujours un mouillant (pour mieux répartir le cuivre sur la feuille) et, toujours, un produit éliciteur pour renforcer la résistance naturelle des plantes : purin de prêle ou biostimulant aux algues. C'est aussi efficace qu'un traitement à pleine dose !

Pas de schtroumpf au potager

Pour être efficace, le produit doit être réparti en microgouttelettes de manière uniforme sur l'ensemble du feuillage et des tiges. Vous devez à peine voir la couleur bleue après la pulvérisation. S'il y a eu ruissellement et accumulation de bouillie bordelaise au bord des feuilles, le reste des feuilles ne sera pas protégé et le traitement aura été inutile.

La pression du pulvérisateur doit être forte et la buse propre "et bien vissée, de manière à obtenir un brouillard fin. Éloignez la buse d'au moins 30 cm des plantes et veillez à couvrir les deux faces des feuilles.

Textes : Denis PÉPIN. Ouest-France du 31 mai 2009