Liste des camps

Les dépôts de P.G. de l'Axe en mains françaises

Die Lager in Frankreich

LE CAMP DE PRISONNIERS DE LANNIRON

 


P
our enrichir la mémoire du passé, le groupe .G.A. de l'Université du Temps Libre de Bretagne recherche de nouveaux témoignages des P.G.A. eux-mêmes, ou en rapport avec les P.G.A. d'une manière générale, se rapportant à la capture, à la vie dans les camps à la garde des prisonniers, à l'aspect sanitaire, à la mortalité, au déminage, au travail, aux traces laissées par les PGA : tableaux, peintures, écrits, correspondances personnelles, à leur retour au pays, aux difficultés de réinsertion etc... (A l'inverse, nous recueillons également les mêmes informations sur les P.G. français et la Résistance en Bretagne pour un projet d'étude identique à celle des P.G.A
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Ecrivez-nous: jean.paul.louvet@wanadoo.fr

l y a eu à LANNIRON un camp de prisonniers, ouvert par l'Armée allemande à partir de septembre 1940, pour recevoir plus spécialement les prisonniers coloniaux (Sénégalais, Marocains, Dahoméens, Annamites…) qu'ils ne voulaient pas envoyer dans leurs camps installés en Allemagne : ils furent jusqu'à 8.000 à séjourner dans des baraquements de bois et à effectuer un travail forcé, jusqu'aux jours de la Libération, en Août 1944.

Et immédiatement après, ce furent les soldats allemands faits prisonniers en Bretagne, mais aussi bien sur le sol allemand qui furent parqués dans ce dépôt, en attente d'être affectés à un commando de travail. 

 

 

Le camp de prisonniers de guerre de Lanniron "Frontstalag 135" était situé sur l'ancienne commune d'Ergué-Armel, intégrée à celle de Quimper en 1960.

Le camp fut installé sur la rive gauche de l'Odet, à la périphérie de Quimper, chef-lieu du département, sur des terrains privés réquisitionnés par les autorités militaires allemandes d'occupation.

Le camp de prisonniers occupait des terrains agricoles et des vergers dépendant de fermes appartenant aux familles de Massol (5 hectares réquisitionnés), également propriétaire du château de Lanniron, et de Blois (3 hectares réquisitionnés), propriétaire du château de Poulguinan également proche du camp de prisonniers. Au début du mois de novembre 1940, le château de Lanniron fut également réquisitionné et mis à disposition des officiers commandant le camp de prisonniers.

Les terrains furent réquisitionnés dès septembre 1940. Des baraques furent bâties sur une superficie de 20 ares dans un premier temps. Le camp fut rapidement agrandi car à la fin de la guerre la surface des baraques atteignait 90 ares. Il y avait une surface de 4,50 ares d'emplacements cimentés pour les W.C., les lavabos. Plus de 50 ares de routes empierrées furent ouvertes sans compter des tranchées et des emplacements bétonnés.

Le camp de prisonniers français. (fin 1940 – Août 1944).

A la fin de l'année 1940, les premières troupes françaises sont internées en captivité au camp de Lanniron. On trouve mention de militaires français de métropole au camp de Lanniron dès 1940.

En mai 1941, le camp de prisonniers de Quimper comptait, selon un rapport de la Croix-Rouge : "803 blancs, 6.592 hommes de couleur, 31 noirs, 320 annamites, soit un total de 7.746 hommes".

Plusieurs décès de soldats coloniaux sont constatés dans les registres de l'état-civil. Il s'agit de tirailleurs sénégalais (18ème RTS), marocains (2ème RTM), tunisiens (8ème RTT) et algériens (19ème RTA), parfois de soldats de bataillons de pionniers ou du Génie, originaires d'Afrique du Nord, et plus rarement d'AOF ou d'AEF.

Dix de ces militaires décèdent à Quimper en 1941.

Le camp de prisonniers allemands. (Août 1944 – juin 1946)

La ville de Quimper est libérée le 8 août 1944 après plusieurs combats opposant les résistants aux troupes allemandes qui se replient vers Brest et la presqu'île de Crozon. Dès la libération de la ville, le camp de prisonnier de Lanniron devient le lieu de détention des prisonniers de guerre allemands. Les conditions de détention de ces prisonniers semblent avoir été difficiles En effet, au moins 39 soldats allemands sont décédés en captivité à Quimper : 18 ont été inhumés dans un premier temps à Quimper, et 21 à Ergué-Armel, entre Août 1945 et le 26 mai 1946, date du dernier décès enregistré. Le camp de prisonniers est fermé peu après cette date car le 29 juin 1946, les autorités militaires françaises lèvent la réquisition des terrains qui sont alors restitués à leur propriétaire.

Des dossiers d'indemnisation sont instruits dans le cadre des dommages de guerre pour réparer les préjudices des propriétaires. Les baraques sont démolies en 1946. Aujourd'hui, rien ne subsiste plus de ce camp.

Bruno Le Gall Archiviste de la ville de Quimper, mai 2005.

Document fourni association de recherche et valorisation du patrimoine, appelée ARKAE :http://www.arkae.org

Ed :27/04/2014