Types de mines allemandes 
 

Document élaboré à partir du témoignage de Mr Esnault )

Les forces armées allemandes a employé plus de quarante types différents de mines (Minen) pendant la guerre, mais certains types ont prédominé. La plus commune était la série de mines connues sous le nom de Tellermines (Tellerminen).

Les “Stock mines
Charge 150/200 g sont de petites “antipersonnelles” fixées sur un piquet et fonctionnant avec un système de mise à feu allumeur de type ZZ 42. Elles sont constituées d’un petit bloc de béton rempli d’éclats de fonte. La mise à feu se fait par un fil tendu relié à l’allumeur.
Les obus de 270 m/m se trouvaient sur le golf de Saint -Briac. Leur déflagration était effrayante de puissance. Nous en avons fait sauter un seul et déterrer les autres qui ont été évacués .

Les “Tellermines (tellerminen) ou mines antichar
Destinées à détruire tout véhicule même blindé . La charge était normalement du TNT ou de l'amatol moulé . Pression de déclenchement 150-180 kg. Forte charge 3 kg d’explosif lourd. Accueille plusieurs types d’allumeur. Souvent piégée.

La “Française bi-fusée”
Récupérée dans nos arsenaux par l’occupant, elle contenait 3 kg d’explosif en poudre extrêmement puissante. Avec double allumage ce qui la rend redoutable. Pression: une centaine de kg.

La “SPR 49 “ (Sreng Riegel)
Longue d’une soixantaine de cm avec un allumeur de chaque extrémité, souvent un ZZ 42, règlée à 5 kg. Elle était destinée, placée en quinconce, à décheniller un char. Extrêmement dangereuse à désamorcer. C’est la mine qui a tué le Colonel Fabien et son staff. J’en avais désamorcé deux pour le musée école de Coëtquidan, et un pour moi, donné au musée de St Lô.

La “Holzmine ou mines en bois)
Assez rudimentaire, mais efficace. Mise à feu par rupture d’une baguette en bois et d’un ZZ 42, chargée de pain coulé de TNT de 2 kg. Ces mines sont devenues très efficaces une fois que les problèmes de l'imperméabilisation surmontés. Elles étaient extrêmement difficiles à détecter.

Les  “S.Mines(Schutzenminen:Schu - Minen ou mine sauteuse)
Mines A.P. (Antipersonnelles) Triple charge : 3 bâtons de TNT 450 g. elles sont les plus dangereuses. De très belle qualité, du moins au début du conflit, elles sont généralement mises à feu par pression allumeur tricorne très difficile à repérer sauf au détecteur magnétique. Elles sont entièrement en acier. Quelques 4/5 secondes après avoir été  dédoublées, elles bondissent en l’air à 1 m.50, explosent en crachant 300 à 350 balles d’acier qui mitraillent tout azimut. Terriblement efficaces dans un rayon de 50 m.

Les  “A 200” A.P
Charge explosive en poudre 150 g appelées “petit pot de beurre” de teinte jaune, elles étaient à l’origine utilisées et conçues pour les terrains sablonneux. Fonctionne par pression en écrasant l’ampoule d’acide d’un allumeur chimique type Buck . Peu fiable dans le temps en sol humide.

La “Show mine
(Mot à mot “mine à soulier)  Charge pain de TNT 150/200 g., (c’est celle qui m’a arraché le pied gauche). Fonctionne par pression avec généralement un allumeur ZZ 42 vissé directement dans le pain d’explosif.  Son rôle est de faire un grand blessé. Très difficile à détecter. Seul le ressort et le percuteur donnent une réponse magnétique.

A propos des obus de 270 m/m utilisés comme mines (sans doute par pénurie) il était prévu de les détruire sur place dans le trou vertical ou ils étaient enfouis jusqu’au nez. On en fit sauter un. La déflagration fut d’une telle violence avec projection d’éclats sur environ 300 m alentour que les voisins et les autorités s’inquiétèrent (et nous aussi).Nous les avons donc tous neutralisés et après avoir enlevé leur allumeur, sortis de leur niche, il fallait s’y mettre à plusieurs, tellement ils étaient lourds.

Pour traverser sans danger le terrain de golf, les Allemands avaient placé un câble sur des repères. Ils enlevèrent ces repères lorsque la bagarre commença. Privé de ce cordon, un Allemand voulant sans doute éviter un long détour, entreprit de traverser cette partie du golf...
Le malheureux dévia de sa route  et mis le pied sur un allumeur. Des mois après, nous retrouvâmes des débris humains à plus de  150 m de là ; une partie du tronc avec son ceinturon auquel adhérait encore un P. 38 intact. C’était impressionnant. Un morceau de sa tête fût récupéré à plus de cent mètres dans une autre direction. Il devait courir et l’impact de sa botte avait largement suffit à percuter le détonateur.


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Ed:09/04/20053