Le bois des Hautes-Ourmes ou bois des Allemands

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Plan des tombes


Ce dernier nom vient du fait qu'il fut un cimetière pour les soldats allemands lors de la seconde guerre mondiale.

C'est au mois de mai 1944 que les Allemands réquisitionnèrent une propriété privée, dite des Hautes-Ourmes, pour en faire un cimetière régional pour Rennes et la Bretagne. Il fut tracé pour accueillir 380 tombes. La première inhumation eut lieu le 20 juin 1944. Dans une lettre du 28 juillet 44 la Standorkommandantur rappelait à la mairie que "non seulement des inhumations devaient y être effectuées, mais aussi des exhumations et transferts des corps des soldats allemands du cimetière de l'Est, soit 630 ".
Pour la première quinzaine de juillet 1944, 45 inhumations et 48 exhumations transferts du cimetière de l'Est au cimetière des Hautes-Ourmes furent effectuées. Une lettre du premier août indiquait qu'il y avait 190 inhumations et 173 exhumations et transferts. A la fin de l'occupation allemande et la libération de Rennes mit fin à cette activité. Cependant, les archives mentionnent l'existence de 15 inhumations et de 2 transferts du cimetière de l'Est, le 25 août 1944.

Pour le travail fourni, M.Lorant, fossoyeur en chef réclamait le 1er août, la somme de 101.653francs 10, se décomposant ainsi :

-inhumation et creusement des fosses, remblaiement 41.800 francs

-exhumations du cimetière de l'Est et transfert 21.625 francs

-terrassement divers- heures d'ouvriers terrassiers 38.228 francs 10

Un bon de réquisition fut établi pour l'emploi d'un jardinier chargé de la pose des croix, des plantations et fournitures diverses, nécessaires à l'aménagement et à la mise en état des tombes. Après la libération de Rennes, celles-ci, comme celles du cimetière de l'Est, furent entretenues par les prisonniers de guerre allemands du camp 1102 jusqu'au mois d'octobre 1948, ensuite, cela incomba aux services des cimetières de la ville. Le Ministère des Anciens Combattants octroyait pour cet entretien une somme forfaitaire en fonction du nombre de sépultures. A Rennes où il y en avait plus de milles (cimetière de l'Est et des Hautes-Ourmes confondues) la somme allouée, variant au fil du temps, était par exemple de 76 francs par tombe et par an en 1951, montant à 167francs en 1959.

Si au cimetière de l'Est l'entretien des tombes ne posait pas de problème particulier, en revanche, il semble qu'il en était autrement pour celui des Hautes-Ourmes, en témoigne une lettre adressée le 27 décembre 49 par la mairie au chef du secteur d'état-civil militaire pour la Normandie et la Bretagne demandant "les formalités à accomplir, soit pour procéder à un regroupement de toutes les tombes éparses dans un carré spécial, soit un transfert dans un cimetière allemand, car il est à l'abandon et la ville ne peut qu'enlever l'herbe et les feuilles mortes, l'existence des sépultures ne se voyant que par les allées autour des tumulus qui étaient autrefois des tombes, des énergumènes ayant enlevé les croix au moment de la libération. Heureusement que nous possédons un plan avec l'indication de l'emplacement de chaque tombe avec l'identité de chaque militaire. "

De nombreuses familles allemandes à la recherche de la sépulture d'un membre de leur famille, soit un père, un fils ou un frère supposé être enterré à Rennes, écrivaient à la mairie, malheureusement cette recherche n'était pas toujours couronnée de succès.

En réponse à une lettre d'un pasteur protestant allemand à la recherche de la sépulture d'un soldat à la demande d'une famille, le maire écrivait que "le cimetière des Hautes-Ourmes a été tracé pour contenir 380 tombes et la liste des tombes occupées ne comprend que 300, dont 26 sans identité. Il est possible que ces tombes contiennent des corps non identifiés parmi ces 80 tombes. D'après des ouvriers fossoyeurs, des corps auraient été déposés dans les tombes les derniers jours de l'occupation allemande, aucune pièce n'a été conservée. "

Le 30 septembre 1944, le service des cimetières réclamait au service des Anciens Combattants une indemnité pour l'entretien des 298 tombes, puis de 273 en décembre 1949 et de 324 le 19 février 1951, sans que l'on ne trouve de trace d'inhumation pour les archives et ensuite de 298 en 1952, ce dernier chiffre restant identique à une unité près jusqu'en 1959. La possibilité du transfert individuel des corps en Allemagne à la demande des familles à partir de l'année 1951, peut expliquer la diminution du nombre de sépultures depuis cette date.

Après le transfert des corps au Mont-d'Huisnes en 1961, le terrain resta en l'état jusqu'en 1970, date à laquelle la ville acheta le terrain pour y construire le collège des Hautes-Ourmes et le parc qui s'ouvrit au public en 1972.